Histoire de L’Union Universelle

Des premiers réseaux spiritualistes et psychosiques à L’Union Universelle

1909-1953-1992 : trois témoins d'une histoire internationale de la fraternité et de l'unité humaines.

L’histoire dans laquelle s’inscrit aujourd’hui L’Union Universelle traverse plus d’un siècle de recherches spirituelles, philosophiques, humanistes et fédéralistes. Elle est faite de rencontres entre des femmes et des hommes qui, à des époques différentes, ont poursuivi une même intuition : rapprocher les êtres humains au-delà de leurs croyances, de leurs origines et de leurs appartenances, tout en respectant leur liberté de conscience et leur autonomie.

Les recherches entreprises à partir d’archives originales ont permis de réunir des livres, revues, correspondances, déclarations associatives et documents provenant de France, d’Algérie et de réseaux internationaux. Deux histoires apparaissent aujourd’hui clairement: celle du courant psychosique et fraterniste auquel se rattache l’Institut Général des Forces Psychosiques (IGFP), et celle de l’Alliance Universelle organisée en Algérie au milieu du XXe siècle. Ces deux courants ont des origines distinctes, mais ils se rencontrent et coopèrent directement à partir des années 1950.

Une même question traverse cette histoire : comment unir les êtres humains sans effacer leurs différences ?

1909-1939 - Des réseaux spiritualistes et fraternistes déjà internationaux

La Vie Future (Alger, 1909) et Le Fraterniste (1913) : des échanges entre Algérie et Nord de la France sont documentés avant 1914.

Bien avant la création de l’Alliance Universelle, des mouvements spiritualistes cherchent déjà à rapprocher les personnes et les organisations. En 1909, la revue algérienne "La Vie Future", organe de la Société Algérienne d’Études Psychiques, présente l’ouvrage "La Vie Tome 1", réalisé à Douai autour notamment de Paul Pillault, Jean Béziat et Jésupret. Cette découverte démontre qu’un corridor éditorial entre le Nord de la France et l’Algérie existe déjà au début du XXe siècle. https://www.spiritualiste.fr/

À partir de 1910, "Le Fraterniste" devient l’organe de l’Institut Général Psychosique, animé par Paul Pillault et Jean Béziat. Le mouvement développe des Fraternelles, des activités de recherche psychichosique, de guérison, de solidarité et un réseau important de correspondants. Dès cette époque apparaissent des expressions telles que « Solidarité Universelle », « Amour Universel », « Paix Universelle » ou « fraternisme mondial ».

En décembre 1913, Jules Berthelin, futur « Papa Jules », est présenté dans "Le Fraterniste" comme l’un des « plus dévoués fraternistes » et prend les rênes de la Fraternelle n°23 de Méricourt-sous-Lens. Le même numéro atteste l’existence d’une Fraternelle n°30 à Oran, en Algérie. Après la Première Guerre mondiale, cette tradition se poursuit à travers "Le Biéniste" puis différents réseaux spiritualistes.

En 1929-1930, le nom complet « Institut Général des Forces Psychosiques » est déjà utilisé à Sin-le-Noble sous Henri Lormier, ancien collaborateur de Pillault et Béziat.

En 1931, Jules Berthelin et André Richard apparaissent dans la Fédération Spiritualiste du Nord. Ce réseau préexiste donc à l’Alliance Universelle : celle-ci ne le crée pas, mais le rencontrera plus tard.

Le Fraterniste 4 1910 Pdf

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1949-1951 - La naissance de l’Alliance Universelle

Lueurs éternelles (Alger, 1949) et dédicace de Frère Frédéric à Bougie, 2 décembre 1950.

Après la Seconde Guerre mondiale apparaît en Algérie un nouveau courant qui va progressivement prendre le nom d’Alliance Universelle. En 1949, "Lueurs éternelles", imprimé à Alger, développe plusieurs thèmes qui deviendront caractéristiques de l’Alliance : progression spirituelle, fraternité, réincarnation, rapprochement entre science et religion et recherche d’une Religion Universelle.

En 1950, "Lumières dans la nuit des temps" paraît aux éditions Dervy. L’ouvrage porte explicitement le copyright « Alliance Universelle - août 1950 ». Une dédicace manuscrite retrouvée dans un exemplaire constitue une pièce particulièrement importante : datée de Bougie le 2 décembre 1950 et signée « Frère Frédéric », elle est rédigée « au nom du Christ et du comité directeur de la Religion Universelle ». Elle atteste l’existence d’un noyau organisé à Bougie avant 1951, sans démontrer pour autant que « Religion Universelle » ait été le nom juridique de l’association.

En 1951 paraît à Bougie le Précis de la doctrine de l’Alliance universelle. La Bibliothèque nationale de France en conserve la notice bibliographique. L’Alliance dispose alors d’un siège au 3 rue Deschez à Bougie, adresse que l’on retrouve ensuite dans "L’Aube Nouvelle".

Lueurs Eternelles Aout 2026 Pdf

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1952-1957 - L’Aube Nouvelle et le projet d’une fédération mondiale

L’Aube Nouvelle n°9 (mai-juin 1953) et le texte de présentation « Ce qu’est l’Alliance Universelle… ».

Au début des années 1950 apparaît "L’Aube Nouvelle", « bulletin d’informations mondiales » et organe officiel de l’Alliance Universelle. Le n°9 de mai-juin 1953 est l’une des pièces majeures aujourd’hui retrouvées. Joseph Mira en est alors le directeur-gérant.

L’Alliance s’y définit comme un « mouvement fédéral international », destiné à coordonner les personnes et les organisations au-dessus des partis politiques, des appartenances religieuses et des philosophies particulières. Son principe essentiel peut être résumé ainsi : unir sans subordonner. Les organisations doivent pouvoir coopérer tout en conservant leur identité, leur autonomie et leur liberté d’action.

Coordonner les efforts, rechercher ce qui est commun et préserver la liberté de chaque groupe : telle est la logique fédérative qui se dégage des textes de l’époque.

Une Alliance internationale

En 1953, le mouvement allemand "Neugeist" constitue le cas de coopération le mieux documenté : représentation réciproque, échange de publications et entrée de Karl-Otto Schmidt au Comité Directeur de l’Alliance Universelle. Un Comité italien est attesté. Au Japon, Yonosuke Nakano, lié au mouvement Ananai-Kyo, est présenté comme représentant de l’Alliance. En Inde, un diplôme d’honneur est remis à Swami Sivananda le 7 mars 1953. Des relations existent également avec la Suisse et de nombreux correspondants sur plusieurs continents.

Cette dimension internationale explique pourquoi l’Alliance associe très tôt "transformation intérieure", "fraternité entre les peuples" et "évolution des institutions humaines".

1953-1960 - L’IGFP et l’Alliance Universelle : une coopération ancienne

https://www.spiritualiste.fr/

L’Aube Nouvelle et Vertus Spirituelles : deux revues qui se citent et se répondent au milieu des années 1950.

Les recherches permettent aujourd’hui de préciser les liens avec l’Institut Général des Forces Psychosiques https://www.spiritualiste.fr/

Dès 1953, Jules Berthelin, Marcel Lhomme et André Richard figurent parmi les soutiens de L’Aube Nouvelle. Il ne s’agit donc pas d’un contact isolé entre Bougie et Papa Jules, mais d’une relation qui touche plusieurs acteurs d’un ancien réseau du Nord.

À partir de 1955, la coopération devient explicitement bilatérale. Vertus Spirituelles, revue de l’IGFP, reçoit et cite "L’Aube Nouvelle" ; "L’Aube Nouvelle" présente favorablement "Vertus Spirituelles". L’IGFP reproduit des textes de Frère Frédéric et une page consacrée à la     « Foi Universaliste ». En janvier-février 1956, Joseph Mira publie dans "Vertus Spirituelles" sous le titre de « Président d’Honneur de l’Alliance Universelle ». Cette coopération est historiquement démontrée. 

Laube Nouvelle 1953 N 9 Pdf

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Vers Lunion 1960 17 Pdf

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1958 - De L’Aube Nouvelle à Vers l’Union

En janvier 1958, "Vers l’Union" succède officiellement à 'L’Aube Nouvelle'. Son titre résume l’objectif : préparer « l’Unité humaine dans la fraternité et la paix ». Gabriel Canet demeure directeur-gérant.

Quelques mois plus tard, l’Alliance Universelle tire toutefois les enseignements de son expérience fédérale. En mars-avril 1958, elle annonce qu’elle cesse d’être une association fédérale organisée. Les rédacteurs constatent qu’une structure formelle ne suffit pas à créer une union réelle entre des mouvements ayant leurs propres histoires, doctrines et sensibilités. L’Alliance devient davantage un centre de diffusion et de coopération entre consciences libres.

Cette expérience conserve une grande actualité : une union durable se construit d’abord par des projets communs, la confiance, la réciprocité et des engagements librement consentis.

Les années 1960 - Paix, citoyenneté mondiale et fédéralisme mondial

Dans les années 1960, "Vers l’Union" développe fortement les thèmes de citoyenneté mondiale, de droit international et d’organisation fédérale de l’humanité. La revue relaie le mouvement des Citoyens du Monde, l’Assemblée Constituante des Peuples et différents courants mondialistes.

En 1966, "Vers l’Union" n°47 reproduit sous le titre « Le Défi » un texte du « Mouvement universel pour une Fédération mondiale », extrait du journal Monde Uni. Ce mouvement appartient à la lignée du "World Movement for World Federal Government" fondé à Montreux en 1947, aujourd’hui connu sous le nom de "World Federalist Movement" (WFM) https://wfm-igp.org/. Le texte défend une autorité mondiale fondée sur le droit, la réforme des Nations unies et un système fédéral laissant aux nations leur capacité de se gouverner elles-mêmes tout en confiant au niveau mondial les compétences nécessaires à la paix.

Cette relation documentée ne permet pas encore de qualifier le mouvement fédéraliste mondial de membre institutionnel de l’Alliance Universelle. Elle montre en revanche que le fédéralisme mondial constitue, dans les années 1960, une référence importante du volet mondialiste de Vers l’Union.

Transformation de l’être humain et transformation des institutions : les deux dimensions sont pensées comme complémentaires.

Les années 1960-1977 - L’IGFP conserve son autonomie et poursuit son œuvre

Vers l’Union (1958) puis Évolution Spirituelle (1971) : continuité des publications et autonomie de l’IGFP.

Dans les années 1960, "Vers l’Union" réserve régulièrement des pages à l’IGFP https://www.spiritualiste.fr/archives/journal-vers-l-union. Une mention particulièrement importante précise que l’Institut est seul responsable du contenu de sa page : la coopération est donc stable, mais l’autonomie éditoriale et institutionnelle reste affirmée.

Après le décès de Jules Berthelin le 29 janvier 1963, Louis Derache puis Élise Derache et d’autres responsables poursuivent l’œuvre.

À partir de janvier 1971, l’IGFP publie sa propre revue, "Évolution Spirituelle" https://www.spiritualiste.fr/archives/le-journal-vertus-spirituelles. Élise Derache en est responsable et André Fardel en assure la gérance. Nœux-les-Mines et Calonne-Ricouart deviennent alors deux pôles importants de l’Institut.

La devise « Amour - Bonté - Charité » demeure centrale. Les textes des années 1970 évoquent régulièrement la fraternité universelle, la foi universelle, l’union des peuples, la liberté de conscience et la nécessité de « rechercher ce qui unit ». "Évolution Spirituelle" est aujourd’hui attesté au moins jusqu’en février 1977.

1991-1996 - L’Alliance Universelle réapparaît à Toulon

De Bougie à Toulon : L’Aube Nouvelle (1953), Vers l’Union (1958) et L’Unité Humaine (1992).

Après une période encore insuffisamment documentée, une association portant le nom de L’Alliance Universelle est retrouvée à Toulon au début des années 1990. Elle publie "L’Unité Humaine", présentée comme « organe officiel de l’Alliance Universelle ».

Le programme publié en 1992 présente une continuité remarquable avec les années 1950-1960 : unité humaine, liberté de conscience, spiritualité vécue, mouvement fédéral mondial, autonomie sans subordination et économie distributive. La présence de Canet à la direction de la publication constitue également un indice important de continuité humaine et éditoriale.

La continuité doctrinale et éditoriale entre Bougie, Alger et Toulon est donc très forte. La continuité juridique reste en revanche à établir par les dossiers administratifs et les archives privées. Les recherches se poursuivent sur cette période.

Lunite Humaine 03071992 N 3 Pdf

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2026 - La naissance de L’Union Universelle

En 2026, une nouvelle association française est créée : L’Union Universelle. Elle constitue une nouvelle personne morale indépendante. Elle ne revendique pas, à ce stade, une succession juridique de l’ancienne Alliance Universelle qui n’est pas démontrée par les archives disponibles.

Sa mission est de retrouver, sauvegarder, étudier et transmettre cet héritage, puis d’en adapter les principes utiles aux réalités du XXIe siècle. Elle reprend notamment une idée qui traverse les textes historiques : coordonner sans subordonner.

Les personnes, associations et instituts qui souhaitent travailler ensemble doivent pouvoir conserver leur identité, leur autonomie et leur liberté de conscience. Les terrains d’action sont aujourd’hui élargis : dignité humaine, paix, solidarité, culture, éducation, environnement, protection du vivant, dialogue entre spiritualités, réflexion éthique sur les sciences et les technologies, et engagement concret au service de l’être humain.

Ni uniformité, ni subordination : une unité construite dans la diversité, la liberté de conscience, la fraternité et l’action.

Une histoire qui continue de s’écrire

Un siècle de documents : de La Vie Future à L’Unité Humaine.

Cette histoire reste ouverte. Des numéros de revues manquent encore, des correspondances et des statuts restent à retrouver, et plusieurs responsables historiques doivent encore être identifiés par leur état civil. La période qui relie Alger à Toulon demeure l’un des principaux chantiers de recherche.

Les archives déjà réunies permettent néanmoins de documenter une remarquable continuité de personnes, de publications, de valeurs et de projets. Elles montrent également que l’histoire n’est pas celle d’une institution unique et linéaire, mais celle de réseaux qui se rencontrent, coopèrent, se transforment et parfois se séparent tout en conservant des aspirations communes.

L’Union Universelle souhaite préserver cette mémoire avec rigueur et poursuivre ce qui demeure vivant dans cet héritage : la fraternité universelle, la liberté de conscience, le respect des différences, le service d’autrui, la coopération internationale et la recherche d’institutions capables de favoriser la paix.

Notre fil conducteur

  • 1909 - Premiers échanges documentés entre Douai et Alger.
  • 1910 - Institut Général Psychosique et Le Fraterniste.
  • 1913 - Jules Berthelin dans le mouvement fraterniste et Fraternelle à Oran.
  • 1949 - Lueurs éternelles à Alger.
  • 1950-1951 - Premières attestations et formalisation de l’Alliance Universelle à Bougie.
  • 1952-1957 - L’Aube Nouvelle et le projet fédéral international.
  • 1953-1960s - Coopération documentée entre Alliance Universelle et IGFP.
  • 1958 - Vers l’Union succède à L’Aube Nouvelle.
  • 1966 - Vers l’Union relaie explicitement le Mouvement universel pour une Fédération mondiale.
  • 1971-1977 - Évolution Spirituelle et autonomie éditoriale de l’IGFP.
  • 1991-1996 - Alliance Universelle et L’Unité Humaine à Toulon.
  • 2026 - Création de L’Union Universelle, nouvelle personne morale dédiée notamment à la sauvegarde et à l’actualisation de cet héritage.

Une histoire documentée

Cette page présente une synthèse accessible au public. Les affirmations historiques reposent sur un dossier de recherche plus détaillé distinguant systématiquement sources primaires, sources institutionnelles, sources secondaires et hypothèses. Les récits médiumniques et convictions spirituelles des acteurs sont étudiés comme éléments de leur histoire et de leur pensée, sans être présentés comme des faits scientifiques démontrés.

Principales sources : La Vie Future (1909) ; Le Fraterniste et Le Biéniste ; Lueurs éternelles (1949) ; Lumières dans la nuit des temps (1950) ; L’Aube Nouvelle ; Vertus Spirituelles ; Vers l’Union ; Évolution Spirituelle ; L’Unité Humaine ; notices de la Bibliothèque nationale de France et archives administratives. Pour le fédéralisme mondial : Vers l’Union n°47 (1966), « Le Défi », extrait de Monde Uni.